Ne pas pouvoir allaiter n’est pas un crime
Ne pas pouvoir allaiter n’est pas un crime

Coucou les mamans, moi c’est Carla, je vous écris pour témoigner de mon impossibilité de pouvoir donner mon lait à mon bébé. Devenir maman a été pour moi un moment unique, plein d’émotion, mais aussi de tristesse. On parle souvent d’allaitement, des femmes qui veulent allaiter ou non. Pour ma part je voulais allaiter, mais différentes circonstances ont fait que je n’ai pas pu.

J’ai vécu l’enfer de ne pas pouvoir allaiter

Ma fille est née prématurément à cause d’une pré-éclampsie, je n’ai pas eu de montée de lait mais j’ai tout fait pour stimuler l’allaitement. Je pense même que je me suis trop acharnée.

A peine ma fille née le personnel médical m’a conseillé de tirer mon lait dès le lendemain, j’ai eu un peu de lait mais pas suffisamment pour nourrir ma fille qui était en couveuse. J’ai pris des granules qui devaient aider à la montée de lait, j’ai acheté un tire lait manuel, j’ai pris des produits conseillés par la sage-femme de l’hôpital… Je pense avoir tout essayé mais zéro résultat. Je ne pouvais concevoir de ne pas pouvoir allaiter mon enfant et de ne pas connaître l’allaitement. Plusieurs semaines se sont donc écoulées et je gardais mon objectif en tête qui commençait à me ronger de l’intérieur. Et voilà que tout le monde s’en est mêlé… A chaque rendez-vous la question fatidique tombait : « est-ce que vous allaitez ? Ah non ? et pourquoi ? Vous savez à quel point c’est important pour un enfant d’être allaité… » J’ai eu le droit à ça et aujourd’hui encore… Au début je me sentais obligée de me justifier, et plus les années sont passées et plus je me suis endurcie.

J’attends mon deuxième enfant

Aujourd’hui je suis enceinte, et on commence déjà à me parler du fameux allaitement bénéfique pour l’enfant. Bien sûr si je choisis de ne pas le faire, il pourrait y avoir des conséquences.

Ma fille a aujourd’hui 4 ans, née prématurément à 29 semaines, elle n’a heureusement aucune séquelle ni allergie, pas de retard, elle a eu de l’avance sur la marche, sur la parole et aujourd’hui elle va à l’école. Elle apprend plus vite que certains de ces petits camarades d’ailleurs. Elle est éveillée et je suis fière de la voir aussi vivante.

Pour mon enfant à naître j’ai fait le choix de ne pas l’allaiter, je n’ai pas envie de revivre cet acharnement, et même si je sais déjà toutes les questions que cela va engendrer, je suis aujourd’hui assez forte pour pouvoir tous les envoyer balader, que ce soit la famille ou les professionnels de santé.

Je suis une femme libre de pouvoir choisir ce qui est bon pour mon enfant et pour pour moi-même. Et le principal dans tout ça c’est que mon mari est à 100% avec moi.

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